Afrique du Sud : la Cosatu demande la démission de Zuma

27/09/2017
Afrique du Sud : la Cosatu demande la démission de Zuma

Zuma est de plus en plus critiqué

Plusieurs milliers de personnes ont défilé mercredi dans les rues de plusieurs grandes villes sud-africaines à l'appel de la Cosatu, la principale centrale syndicale du pays, pour exiger la démission du président Jacob Zuma et dénoncer la corruption de son gouvernement.

La plus importante manifestation a rassemblé 5.000 personnes à Johannesburg, derrière des slogans tels que "Zuma doit partir", "la corruption est un crime contre l'humanité", "ras-le-bol des Gupta et de leurs complices".

Selon la Cosatu, 13 manifestations ont eu lieu mercredi dans 9 provinces du pays.

Au pouvoir depuis 2009, M. Zuma est affaibli par une succession de scandales politico-financiers qui plombent depuis des mois la fin de son règne à la tête du pays.

Il doit céder la présidence du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) à la fin de l'année et ses fonctions de chef de l'Etat au terme de son second mandat après les élections générales programmées en 2019.

Entre autres scandales, Jacob Zuma est accusé d'avoir favorisé des détournements massifs de fonds publics au profit d'une famille d'hommes d'affaires dont il est proche, les Gupta. Il a toujours démenti ces accusations.

"Le président du pays doit démissionner à cause de ses relations douteuses avec les Gupta", a déclaré à l'AFP Lucas Makgolane, un professeur de 48 ans manifestant à Johannesburg.

"Le détournement des biens de l'Etat et la corruption ont aggravé la détresse des travailleurs. Le mauvais état de l'économie contribue aux pertes d'emplois. Ça suffit!", a dénoncé un autre marcheur, Lloyd Mokote.

Alliée traditionnelle de l'ANC, la Cosatu soutient le vice-président Cyril Ramaphosa, ancien syndicaliste et homme d'affaires, pour succéder à la tête du parti à Jacob Zuma qui a pris fait et cause pour son ex-épouse Nkosazana Dlamini Zuma, l'autre favorite de la course.

Le président de la Cosatu, Sdumo Dlamini, à la tête de la manifestation qui s'est déroulée à Durban (est), a nié toute volonté d'influer sur le choix du futur chef de l'ANC. "L'ANC doit privilégier son unité de façon à aboutir à une décision unanime à sa conférence de décembre", a-t-il dit à la presse.

"Ceci n'est par une grève contre l'ANC, c'est une grève contre ce qui ne va pas à l'ANC", a renchéri Blade Zimande, le chef du Parti communiste (SACP), un autre allié historique de l'ANC, qui a défilé à Johannesburg.

Le chef de l'Etat a jusque-là résisté à toutes les plaintes en justice, motions de censure et autres rassemblements de rue organisés contre lui par ses adversaires.

Mais il est de plus en plus critiqué au sein même de l'ANC. Sur fond de ralentissement de l'économie, de nombreuses voix du parti de feu Nelson Mandela redoutent de perdre dans deux ans la majorité absolue que l'ANC détient au Parlement depuis les premières élections libres de l'histoire du pays en 1994.

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