Grèce : l'ingratitude n'est pas une vertu

28/01/2015
Grèce : l'ingratitude n'est pas une vertu

Sigmar Gabriel

Le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel, vice-chancelier social-démocrate du gouvernement d'Angela Merkel, a appelé mercredi le nouveau gouvernement grec à être juste envers les gens en Allemagne et en Europe qui se sont montrés solidaires ces dernières années.

L'Allemagne respecte le choix démocratique des Grecs et notre objectif doit être de maintenir la Grèce dans la zone euro, a déclaré M. Gabriel lors d'une conférence de presse à Berlin. 

Mais il faut que soit respecté un principe de justice à l'égard de notre population, à l'égard des gens en Allemagne et en Europe (...) qui se sont montrés solidaires des Grecs avec les aides consenties depuis 2010, a ajouté le ministre. Equité et solidarité doivent valoir dans les deux sens, a-t-il plaidé.

Mme Merkel, conservatrice, avait souhaité mardi à M. Tsipras force et succès et souligné qu'il lui incombait une grande responsabilité.

Ses alliés sociaux-démocrates au gouvernement ne s'étaient pas encore exprimés officiellement sur l'alternance politique en Grèce. La réaction de M. Gabriel est nettement moins conciliante que celle des socialistes français par exemple, qui ont affirmé partager beaucoup de choses avec le parti Syriza sorti vainqueur des élections grecques. 

Le gouvernement grec sorti des urnes dimanche veut renégocier sa dette et revenir sur une partie des réformes douloureuses mises en oeuvre par ses prédécesseurs, conditions posées par les Européens et le Fonds monétaires international (FMI) aux aides accordées ces dernières années. Pour beaucoup de Grecs, cette politique de rigueur a été dictée par l'Allemagne.

M. Tsipras s'est dit mercredi prêt à verser son sang pour rétablir la dignité des Grecs, mais a assuré aussi vouloir éviter une rupture désastreuse réciproque avec les partenaires européens.

Si la Grèce ne veut pas poursuivre les réformes nécessaires, ce qui ne va pas, c'est que ce soient ceux qui travaillent ailleurs qui paient, je ne peux pas expliquer cela aux Allemands et aux Allemandes, ce n'est pas possible, a argumenté M. Gabriel.

L'aide consentie à la Grèce a fait couler beaucoup d'encre en Allemagne, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble la qualifiant par exemple en 2012 de puits sans fond.

Les pays de la zone euro ont prêté près de 200 milliards d'euros à la Grèce en plusieurs plans d'aide successifs, par le biais d'un fonds garanti par les pays membres, le FESF, et sous forme de prêts bilatéraux. Plus grosse économie de la zone euro, l'Allemagne est logiquement la plus engagée auprès des Grecs.

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