Soudan du Sud : le Kenya se retire de la Minuss

02/11/2016
Soudan du Sud : le Kenya se retire de la Minuss

13.500 Casques bleus sont déployés au Soudan du Sud

Le Kenya a annoncé mercredi le retrait de ses troupes au sein de la mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) après le limogeage du commandant kényan des Casques bleus dans ce pays, accablés par un rapport onusien pour leur réaction chaotique et inefficace aux violences de juillet à Juba.

Le gouvernement du Kenya estime que le déploiement de ses troupes au Soudan du Sud n'est plus tenable et constitue une menace pour leur sécurité et leur bien-être, indique le ministère kényan des Affaires étrangères dans un communiqué, disant avoir appris avec consternation le limogeage du général Johnson Mogoa Kimani Ondieki.

Le contingent kényan, l'un des plus importants de la Minuss, compte environ 1.000 soldats sur les 13.500 hommes déployés.

La Minuss souffre de dysfonctionnements fondamentaux, structurels et systémiques, a ajouté le ministère. Il est regrettable qu'au lieu de s'attaquer directement à ces lacunes, les Nations unies aient décidé de les attribuer injustement à un seul individu.

Le Kenya, situé au sud-est du Soudan du Sud, a assuré avoir refusé l'offre de l'ONU de nommer un autre commandant, et indique ne plus vouloir être impliqué dans le processus de paix dans le pays voisin.

L'annonce, si elle est suivie d'effet, pourrait s'avérer dommageable à plusieurs égards: outre le volume du contingent kényan au Soudan du Sud, le rôle de Nairobi dans le processus de paix au Soudan du Sud n'est pas négligeable, notamment en tant que membre de l'Igad, organisation régionale ayant supervisé la signature d'un très fragile accord de paix en août 2015.

Des combats meurtriers avaient opposé du 8 au 11 juillet les forces du président Kiir à celles de l'ex-chef rebelle et alors vice-président du pays, Riek Machar.

Un enquête publiée mardi par l'ONU sur la réaction des Casques bleus lors de ces combats a mis en cause des lacunes de commandement au sein de la Minuss, le manque de préparation des Casques bleus face à l'imminence prévisible d'une reprise des affrontements entre forces gouvernementales et rebelles sud-soudanais, et une aversion aux risques les rendant réticents à user de la force pour protéger les civils.

L'enquête, qui a mené au limogeage immédiat du général kényan, affirme également que la force onusienne n'a pas réussi à répondre à l'incursion le 11 juillet de soldats sud-soudanais dans un hôtel proche d'une base des Nations unies et abritant des employés d'organisations internationales.

Mercredi, une commission chargée par le gouvernement d'enquêter sur l'attaque de cet hôtel a confirmé que des soldats de l'armée de M. Kiir s'étaient rendus coupables de viols sur des employées étrangères et avaient tué un journaliste sud-soudanais.

Le comité a qualifié les auteurs de soldats indisciplinés et recommandé que seize hommes arrêtés pour ces crimes soient jugés par un cour martiale.

Les Casques bleus de la Minuss, au nombre de 13.500 environ, avaient déjà été vivement critiqués pour leur comportement lors de l'attaque meurtrière d'un camp des Nations unies à Malakal (nord-est du Soudan du Sud) en février.

L'ONG Amnesty International a elle appelé mercredi la Minuss a améliorer la protection des civils. Le changement à la tête de la mission au Soudan du Sud doit être accompagné de changement rapides et drastiques, a soutenu l'ONG.

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