La Turquie reste en retrait

11/09/2014
La Turquie reste en retrait

Recep Tayyip Erdogan, le nouveau président turque

La Turquie ne prendra pas part aux opérations armées au sein de la coalition internationale menées par les Etats-Unis pour combattre les jihadistes en Irak et en Syrie voisines, a confirmé jeudi une source gouvernementale turque.

La Turquie ne participera à aucune opération armée mais se concentrera entièrement sur les opérations humanitaires, a précisé cette source sous couvert d'anonymat.

Ce responsable a cependant affirmé que la Turquie pourrait autoriser la coalition à utiliser sa base militaire d'Incirlik, dans le sud, pour des opération purement logistiques.

La Turquie ne sera impliquée dans aucune opération de combat et ne fournira aucune armes, a souligné cette source.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est en Arabie saoudite jeudi, après une visite la veille à Bagdad pour tenter de rallier dix pays arabes et la Turquie à la coalition contre les sunnites extrémistes de l'Etat islamique (EI) en renforçant notamment leur coopération militaire.

Le président américain Barack Obama s'est dit prêt mercredi à frapper l'EI en Syrie et à étendre les raids menés en Irak depuis un mois.

Ankara a été critiquée par ses alliés occidentaux pour avoir fourni aux militants radicaux, y compris ceux de l'EI, armes et équipements dans les villes proches de la frontière avec la Syrie. La Turquie, qui a toujours nié cette assistance, espérait ainsi accélérer la chute du régime du président syrien Bachar al-Assad avec lequel il a rompu après avoir tissé d'étroits rapports.

Le président américain a rencontré son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pendant le sommet de l'OTAN pour parler de la contribution turque à cette coalition anti-EI.

La Turquie, membre de l'Otan, est notamment préoccupée par le sort de ses 46 ressortissants retenus en otage depuis début juin par les jihadistes à Mossoul, en Irak.

Nos mains sont liées à cause de nos citoyens retenus en Irak, a récemment admis le ministre turc de la Défense, Ismet Yilmaz.

Ankara est également critiqué pour ne pas suffisamment réprimer le flot de jihadistes qui passent par son territoire vers l'Irak et la Syrie. Les Turcs réclament pour leur part un partage accru de renseignements pour repérer les extrémistes.

La Turquie est un pays qui accueille 35 millions de touristes chaque année. Tant que l'Occident ne partage pas de renseignement, nous ne pouvons renvoyer quelqu'un en raison de son apparence, insiste le responsable turc.

Depuis le début du conflit syrien en 2011, la Turquie a renvoyé 850 combattants étrangers dans leur pays, souligne-t-on de source officielle.

Le chef de la diplomatie américaine doit s'entretenir vendredi de la coopération régionale contre les extrémistes avec les dirigeants turcs à Ankara, a par ailleurs affirmé le responsable turc.

Cette visite n'était pas encore confirmée de source américaine.

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