'On peut être traduit devant la CPI et innocenté'

07/12/2014
'On peut être traduit devant la CPI et innocenté'

Uhuru Kenyatta

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a décidé vendredi d'abandonner les poursuites contre le Président du Kenya, Uhuru Kenyatta, deux jours après que les juges ont refusé de repousser le procès comme elle le demandait.

‘L'accusation retire les charges contre M. Kenyatta’, a indiqué Mme Bensouda dans un document officiel. ‘Les éléments de preuve ne se sont pas améliorés à un degré tel que la responsabilité pénale présumée de M. Kenyatta puisse être prouvée au-delà de tout doute raisonnable.’

Ce retrait des charges n'exclut pas ‘la possibilité de retenir de nouvelles charges contre M. Kenyatta’, a précisé la procureur.

Le président kenyan était accusé en tant que coauteur indirect de cinq chefs de crimes contre l'humanité (meurtre, déportation ou transfert forcé de population, viol, persécution, et autres actes inhumains) qui auraient été commis pendant les violences post-électorales dans son pays en 2007-2008.

Les charges à son encontre avaient été confirmées le 23 janvier 2012 et l'affaire avait été renvoyée en procès devant la Chambre de première instance.

Réagissant samedi sur RFI à cette annonce, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, s’est félicité de l'abandon des charges.

‘L’union africaine a pris la décision de soutenir le président kényan. La décision de la CPI vient donc à point nommé pour montrer combien il est important de laisser la justice travailler mais également de prouver qu’on peut être traduit devant la CPI et innocenté’. (…) La préoccupation essentielle de l’Union africaine et des chefs d'Etat africains est qu’il n’est pas question qu’un chef d’Etat en exercice soit traduit devant la CPI. C’est un problème de principe et de dignité. Nous pensons que la CPI doit en tenir compte pour l'avenir’, a déclaré M. Dussey.

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