La Russie soutient la Grèce

26/10/2020
La Russie soutient la Grèce

Sergueï Lavrov (G) et Nikos Dendias lundi à Athènes

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé lundi à Athènes que le différend gréco-turc sur la délimitation des eaux territoriales en Méditerranée orientale, devait être réglé sur "la base du droit international".

Les différends "doivent être résolus sur la base du droit international, de la convention internationale sur le droit de la mer (...) c'est ça la clé de la normalisation des relations", a dit le chef de la diplomatie russe à l'issue d'un entretien avec son homologue grec Nikos Dendias, selon la traduction officielle en grec de ses propos. Signée en 1982, cette convention est souvent utilisée par Athènes en tant que levier de pression sur sa voisine la Turquie. Mais Ankara n'est pas signataire de cette convention.

Sergueï Lavrov a rappelé dans un entretien diffusé lundi par l'agence de presse grecque, l'Ana, que Moscou avait signé cette convention et que "l'article 3 prévoit le droit d'un État à élargir ses eaux nationales à 12 milles marins".

Toutefois pour Ankara l'application de cet article est considérée comme un "casus belli" (cas de guerre ndrl). La Turquie soutient que si la Grèce prolonge ses eaux territoriales à douze miles marins, les bateaux turcs ne pourront pas naviguer dans certaines zones en Méditerranée orientale car des îles grecques sont tout près des côtes turques (à moins de 12 milles marins ndrl).

Athènes a multiplié ces derniers jours les protestations contre le renvoi d'un navire turc d'exploration gazière, l'Oruç Reis, dans une zone maritime revendiquée par la Grèce et plus particulièrement au large de l'île grecque de Kastellorizo.

Depuis août, lorsque l'Oruç Reis s'était pour la première fois rendu dans cette zone pour presque un mois avant de se retirer début septembre, les tensions entre les deux pays, qui se disputent des zones maritimes considérées riches en hydrocarbures, ne cessent de monter. 

"La Turquie investit dans l'escalade de la tension", a déclaré lundi Nikos Dendias soulignant qu'Athènes "était prête à soutenir ses droits souverains". Il a répété que le dialogue entre les deux voisins "ne pourrait pas se faire sous pression" faisant allusion à celle exercée par Ankara. Le ministre grec a dénoncé la "vision neo-ottomane" et le "rôle déstabilisateur" d'Ankara dans la région.

Par ailleurs, MM. Lavrov et Dendias ont signé un "memorandum commun" de coopération culturelle. Sergueï Lavrov doit s'entretenir lundi après-midi avec le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.

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