Ukraine : législatives anticipées le 21 juillet

21/05/2019
Ukraine : législatives anticipées le 21 juillet

Volodymyr Zelensky

Le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky a convoqué mardi, dès le lendemain de son investiture, des législatives anticipées pour le 21 juillet afin d’obtenir rapidement la majorité indispensable à sa promesse de transformer en profondeur ce pays en guerre et en difficulté économique.

Avec son deuxième décret signé depuis sa prise des fonctions, Volodymyr Zelensky a officialisé la dissolution du Parlement, qui lui est largement hostile, et « fixé des législatives anticipées au 21 juillet ».

Plus jeune président de l’Ukraine post-soviétique, M. Zelensky avait annoncé dans son discours d’investiture son intention de dissoudre l’assemblée actuelle, élue en 2014.

Mardi matin, il a mené des « consultations » avec des dirigeants parlementaires, une étape exigée par la loi. « L’argument clé pour la dissolution de la Rada (le Parlement) est la très basse confiance des citoyens à l’égard de cette institution », leur a-t-il affirmé, selon un communiqué de la présidence.

Fidèle à sa promesse de campagne de « casser le système », M. Zelensky s’attaque ainsi à une classe politique très méfiante face à ce nouveau venu, ex-comédien et humoriste, dont la seule expérience en politique a consisté à jouer un professeur d’histoire subitement élu président dans la série télévisée « Serviteur du peuple ».

Volodymyr Zelensky cherche à profiter de l’élan de sa victoire écrasante (73% des voix) au second tour de la présidentielle en avril pour remporter ces législatives, sans attendre le scrutin prévu en octobre.

Son parti « Serviteur du peuple », pour l’instant quasi-inexistant, obtiendrait jusqu’à 40% des suffrages, selon les derniers sondages.

En annonçant lundi sa décision de dissoudre le Parlement, le nouveau président avait aussi exhorté les ministres à démissionner, même si la loi n’oblige le gouvernement à partir qu’après les législatives.

Le Premier ministre Volodymyr Groïsman, en poste depuis trois ans, a aussitôt annoncé sa démission, mettant en avant ses désaccords avec le nouveau président.

L’annonce de la dissolution du Parlement, procédure très complexe et encadrée, a suscité une controverse en Ukraine, certains experts et hommes politiques la jugeant anti-constitutionnelle et appelant M. Zelensky a renoncer à cette idée.

Une décision qui suscite des « doutes » sur sa légalité est « un mauvais signe pour la société civile et nos partenaires internationaux », a ainsi averti la Fondation Initiatives démocratiques (FID).

Les élections ont toutefois peu de chances d’être annulées, estime sur Facebook l’analyste politique Volodymyr Fessenko, selon qui « Zelensky montre sa volonté politique et impose son scénario » à ses adversaires.

Plus positif, le centre d’analyse Eurasia Group, basé à New York, juge pour sa part que des législatives anticipées « ont le potentiel pour faire avancer le programme de réformes de Zelensky plus rapidement et plus efficacement ».

Au milieu de ce chamboulement politique, une mission du Fonds monétaire international (FMI), dont l’aide est cruciale pour Kiev, a commencé mardi son travail dans le pays pour discuter du déblocage d’une nouvelle tranche d’aide d’1,3 milliards de dollars (1,2 milliards d’euros).

Ces négociations risquent d’être compliquées par la démission du Premier ministre, qui doit être officialisée mercredi. Selon Eurasia Group, le FMI ne débloquera probablement pas son aide avant de connaître le nom du futur Premier ministre.

En revanche, si le président ukrainien réussit à faire voter rapidement aux députés une loi anticorruption criminalisant l’enrichissement illégal, comme il le leur a demandé lundi, cela pourrait « aider à faire avancer le programme du FMI », dont c’est une condition clé, ajoute Eurasia Group.

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