Une ère nouvelle s'ouvre en Grèce

08/07/2019
Une ère nouvelle s'ouvre en Grèce

Kyriakos Mitsotakis

Au lendemain de sa victoire sans appel aux législatives grecques, le chef de file des conservateurs, Kyriakos Mitsotakis, doit être investi lundi comme Premier ministre, tournant la page de l’ère Tsipras dans une Grèce en soif de renouveau.

« C’est une victoire pour l’Europe et pas seulement pour la Grèce », s’est félicité le nouvel élu, au lendemain de la nette victoire du parti de droite Nouvelle Démocratie (ND) aux élections législatives anticipées.

« Un message fort pour de grands changements », se félicite en Une le grand quotidien conservateur Kathimerini. « Souveraineté absolue », proclame aussi le quotidien Ta Nea (centre) au lendemain de ces premières élections législatives depuis que la Grèce a échappé à la faillite.

Perçu comme un réformateur, proche des milieux d’affaires, Kyriakos Mitsotakis, 51 ans, a salué la « majorité claire » de 158 sièges sur 300 dont ND peut se targuer à la Vouli, le parlement grec.

« C’est un message fort pour un changement en Grèce », a déclaré Kyriakos Mitsotakis, dans une interview à la chaîne CNBC, promettant de mettre en oeuvre les changements souhaités par le peuple grec après une décennie de crise.

Il a été félicité pour son élection par Jean-Claude Juncker, président sortant de la commission européenne, et Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie voisine.

Trois ans après avoir repris les rênes de ND, Kyriakos Mitsotakis, héritier d’une grande famille politique et fils d’ancien Premier ministre, doit être officiellement investi lundi à 13H00 (10H00 GMT) nouveau chef du gouvernement grec par le président Prokopis Pavlopoulos.

Fort de près de 40% des voix, le leader conservateur, 51 ans, prendra alors officiellement le relais du Premier ministre sortant Alexis Tsipras, leader de la gauche Syriza, qui a récolté 31,5% des suffrages dimanche.

En admettant sa défaite au soir du scrutin, le plus jeune Premier ministre grec en 150 ans a promis de rester « actif dans les rangs de l’opposition ».

Son parti Syriza ne conserve que 86 des 144 sièges qu’il détenait dans l’assemblée sortante.

Mais pour le journal de gauche Avghi, « la gauche est bien là ». « Syriza reste fort », souligne le Journal des rédacteurs (gauche), et « malgré sa défaite, reste le deuxième pôle d’un nouveau système bipartite », relève le quotidien Kathimerini.

Surgissant dans une Grèce en plein chaos, terrassée par la crise de la dette et la cure d’austérité imposée par ses créanciers, l’UE et le FMI, Alexis Tsipras avait suscité l’espoir, en janvier 2015, chez un peuple abasourdi par les faillites et les plans sociaux.

Mais ce jeune leader de gauche radicale avait ensuite fait volte-face, forcé d’accepter un plan de sauvetage assorti de sévères mesures pour empêcher la sortie de la zone euro, ce que les électeurs ne lui ont pas pardonné.

« Une période douloureuse se referme », a déclaré Kyriakos Mitsotakis dimanche soir devant ses supporteurs en liesse. Il a juré aux électeurs de « rendre sa fierté » au pays et d’être « à la hauteur de leurs espoirs ».

Elu sur la promesse d’en finir avec une décennie de crise, le nouveau Premier ministre, ancien consultant chez McKinsey à Londres a notamment été ministre de la réforme administrative sous le dernier gouvernement conservateur d’Antonis Samaras (2012-2014).

Fils de l’ancien Premier ministre Konstantinos Mitsotakis, décédé, ce diplômé d’Harvard s’est félicité que le parti néonazi Aube Dorée « n’arrive pas à obtenir plus de 3% » pour maintenir sa présence au parlement. « Une grande victoire pour la démocratie en Grèce », a salué le nouveau chef de gouvernement.

Les dirigeants d’Aube Dorée, qui comptait 18 députés dans l’assemblée sortante, comparaissent depuis quatre ans pour meurtre et constitution d’organisation criminelle dans un procès fleuve.

Troisième parti dans le nouveau parlement, le KINAL, né sur les cendres du Pasok (socialiste), remporte 22 sièges, devant les communistes du KKE (15 sièges), le parti nationaliste de la Solution grecque (10 sièges) et le parti MeRa25 de l’ancien ministre des Finances de Tsipras Yanis Varoufakis (neuf sièges).

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