Banque mondiale : Jim Yong Kim rejoint le privé

07/01/2019
Banque mondiale : Jim Yong Kim rejoint le privé

Jim Yong Kim

Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a annoncé ce lundi sa démission. Il s'agit d'une surprise qui donnera à l'administration Trump, hostile au multilatéralisme, l'occasion de désigner la nouvelle direction de l'institution-phare du développement économique. 

Dans un communiqué, Jim Yong Kim, qui a présidé la Banque mondiale pendant six ans, indique seulement qu'il va rejoindre "une société" d'investissements et se focaliser "sur les investissements dans les infrastructures dans les pays en développement". Un Américain est habituellement nommé à la tête de la Banque mondiale tandis que la direction du Fonds monétaire international (FMI) est est traditionnellement confiée à un Européen. 

Il avait été promu par le président démocrate Barack Obama à la tête de la BM en 2012, puis reconduit en 2016. Son mandat devait durer jusqu'en 2021. "Cela a été un grand honneur que de servir en tant que président d'une institution remarquable, forte d'un personnel passionné dédié à sa mission qui est d'éliminer l'extrême pauvreté de notre vivant", a-t-il dit dans un communiqué qui ne donne pas la raison de son départ. 

"Le travail de la Banque Mondiale est plus important que jamais alors que les aspirations des pauvres progressent dans le monde et que les problèmes comme celui du changement climatique, des épidémies, des famines et des réfugiés continuent de croître en ampleur et en complexité", a encore écrit Jim Yong Kim. 

Sous sa houlette, l'institution de développement qui compte 189 pays membres, est parvenue à boucler une augmentation de capital et a eu davantage recours au secteur privé pour financer des projets dans les pays en développement.  

Mais en interne, le bilan de Jim Yong Kim, un médecin de formation, avait été hautement contesté, même avant son renouvellement à la tête de l'institution internationale. Il avait dû affronter une grogne interne inédite alimentée par une réorganisation contestée et une controverse sur le versement de bonus à de hauts dirigeants en 2014. 

Son plan d'économies de 400 millions de dollars, accompagné de licenciements, avait déstabilisé les quelque 15 000 salariés de cette institution créée en 1945. Avant le renouvellement à la tête de l'institution, l'association des personnels de la BM avait dénoncé une "crise de leadership" et plusieurs anciens cadres avaient déploré dans une lettre ouverte l'absence d'une "stratégie claire" et appelé à un processus de sélection plus transparent et ouvert. 

Un appel à candidatures avait été lancé avant la fin de son premier mandat mais avait été verrouillé par les États-Unis, premiers actionnaires de la BM, qui s'étaient empressés d'apporter leur soutien à un deuxième mandat du président sortant, décourageant ainsi toute candidature dissidente. 

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