Un partenariat public-privé de très large envergue

04/03/2019
Un partenariat public-privé de très large envergue

Le président togolais Faure Gnassingbé

Faure Gnassingbé a officiellement lancé lundi dans un grand hôtel de Lomé le PND (Plan national de développement).

Un programme qui couvre la période 2018-2022 et que les autorités présentent comme un nouveau référentiel en matière de développement ;

L’exercice du jour s’adresse surtout à la communauté des investisseurs et aux médias étrangers, car l’essentiel du contenu est connu depuis août dernier.

La nécessité de mettre en œuvre un ensemble de réformes structurantes et en profondeur ainsi que la réalisation immédiate d’actions et mesures urgentes et à impact rapide ont milité en faveur de la conception de cette stratégie.

L’idée est de faire du Togo un hub logistique et un pôle de transformation agricole, manufacturier et d’industries extractives à travers des projets qui profitent directement à la population.  

Les officiels donnent des chiffres. Si le projet se déroule comme souhaité, le taux de croissance pourrait atteindre 7,6% en 2022. Il permettrait la création de 500.000 emplois directs et une baisse de l’indice de pauvreté de 44,6%. Significatif.

'Le PND est formulé dans une démarche inclusive et cohérente, dont la trame demeure la recherche de meilleures conditions de vie pour nos populations', a déclaré Faure Gnassingbé.

Le Togo dispose de très peu de ressources naturelles, mais il possède en revanche deux atouts de taille. D’abord une position géographique qui en fait une porte d’entrée naturelle vers la sous-région ; ensuite un port en eau profonde ultra-performant, l’un des plus importants d’Afrique. 

Pour le reste, le pays entend lancer des activité de services (banques, finances, nouvelles technologies …) et le tourisme d’affaires.

S’agissant des matières premières, l’idée caressée par les autorités est s’engager dans la production du phosphate carbonaté, largement plus rémunérateur que l’exportation de minerais brut.

Autre élément positif, qui ne figure pas dans le PND, c’est l’existence d’une zone franche. Créée en 1989 à l’initiative de l’OPIC (Overseas Private Investment Corporation), elle accueille une soixantaine d’entreprises. Ce statut permet de bénéficier de nombreux avantages fiscaux. Elle est appelée à se développer.

Pour réussir son pari, le Togo a estimé les besoins à 7 milliards d’euros, dont 65% apportés par le privé ; le reste étant assuré par l’Etat et ses partenaires publics internationaux. 

Les investisseurs étrangers mettront au moins deux conditions avant d’investir dans ce pays. Avoir la garantie d’une réelle stabilité politique et être certain que leur engagement sera à terme profitable. Les hommes d’affaires ne sont pas des philanthropes.

Last but not least, les autorités togolaises devront convaincre de la pertinence de leur démarche et de la réalité du potentiel exposé dans les brochures présentant le Plan de développement.

Dans la région, de nombreux pays ont déjà lancé leur PND. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire il y a plusieurs années. Quant au Bénin et au Burkina Faso, ils s’apprêtent à le faire.

Le Togo devra dont être particulièrement convainquant.

Plusieurs personnalités ont fait le voyage de Lomé pour assister à la cérémonie de lancement parmi lesquelles Gilbert Houngbo, le directeur général du FIDA (Fonds international de développement agricole) et Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (ONU), également conseil des autorités sur ce projet.

Il faut également noter la présence de Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin, banquier d'affaires et aujourd'hui à la tête de SouthBridge, une société de conseil financier et stratégique dédiée au continent africain.

Un certain nombre de panels sont organisés animés, notamment, par Patrick Sevaistre, membre du Conseil français des investisseurs en Afrique.

Ce dernier a souligné que le PND n'était pas un 'catalogue de bonnes intentions, mais qu'il présentait des avantages compétitifs avérés'.

Lors de son intervention, le président togolais a appelé tous les partenaires à réaliser les transformations nécessaires à l’édification du Togo moderne, prospère et stable.

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